Clearview AI fait l’objet de plaintes en justice en France et dans d’autres pays de l’UE pour sa collecte controversée de visages, cela violerait les lois européennes sur la protection des données

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En Europe, des voix s’érigent contre les méthodes de collecte de données de la startup d’intelligence artificielle Clearview AI. Privacy International (PI) et de nombreuses autres organisations européennes de défense de la vie privée et des droits numériques ont annoncé aujourd’hui qu’elles avaient déposé des plaintes contre la société. Les plaintes allèguent que la méthode de documentation et de collecte de données de la société – y compris les images de visages qu’elle extrait automatiquement des sites Web publics – viole les lois européennes sur la protection de la vie privée.

Une entreprise vivant de l’extraction de données privées en ligne

Clearview AI est une startup travaillant dans le domaine de l’intelligence artificielle qui a mis au point Clearview, une application de reconnaissance faciale. Elle décrit son application comme un nouvel outil de recherche utilisé par les organismes judiciaires pour identifier les auteurs et les victimes de crimes. « La technologie de Clearview a aidé les forces de l’ordre à traquer des centaines de criminels en général, notamment des pédophiles, des terroristes et des trafiquants sexuels », indique la description de l’application de reconnaissance faciale de Clearview AI. Son fonctionnement est simple.

Selon l’entreprise, il suffit de prendre une photo d’une personne, de la télécharger dans Clearview et vous verrez ensuite des photos publiques de cette personne, ainsi que des liens vers l’endroit où ces photos sont apparues. Le système s’appuierait sur une base de données de plus de trois milliards d’images que Clearview prétend avoir récupérées sur Facebook, YouTube, Venmo et des millions d’autres sites Web. Mais les techniques de l’entreprise sont de plus en plus décriées. La méthode de collecte de données de Clearview AI a déjà fait l’objet de nombreuses controverses au début de l’année aux États-Unis.

Ces controverses font suite à l’utilisation de la technologie de reconnaissance faciale de la société par les forces de l’ordre pour traquer les émeutiers du Capitale. Mais dans les prochains mois, la société fait désormais face à une opposition plus sérieuse en Europe. Des groupes de défense de la vie privée et des droits numériques ont déposé des plaintes au Royaume-Uni, en France, en Autriche, en Grèce et en Italie contre Clearview AI. Ils affirment que sa base de données de profils biométriques récupérée et consultable enfreint le règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’UE et du Royaume-Uni.

Parmi les organisations plaignantes, l’on retrouve PI, NYOB, Hermes Center for Transparency and Digital Human Rights et Homo Digitalis. Elles affirment toutes que la collecte de données par Clearview va au-delà de ce à quoi l’utilisateur moyen s’attendrait en utilisant des services comme Instagram, LinkedIn ou YouTube. « Extraire nos caractéristiques faciales uniques ou même les partager avec la police et d’autres entreprises va bien au-delà de ce que nous ne pourrions jamais attendre en tant qu’utilisateurs en ligne », a déclaré Ioannis Kouvakas, responsable juridique de PI, dans une déclaration commune.L’opposition à la méthode de collecte d’informations de Clearview AI s’est renforcée ces dernières années et a même atteint les rangs des entreprises dont elle exploite les plateformes. L’année dernière, Google, Twitter, Facebook et Venmo ont tous envoyé des lettres de cessation et d’abstention à Clearview AI pour lui demander de cesser de récupérer les photos des personnes sur leurs sites Web.À l’époque, le PDG de l’entreprise a défendu son modèle économique en déclarant : « Google peut extraire des informations de tous les sites Web. Donc, si une information est publique, qu’elle existe et qu’elle peut se trouver dans le moteur de recherche de Google, elle peut aussi se trouver dans le nôtre ».

Une entreprise peut-elle survivre avec ce modèle économique ?

Clearview AI utilise un récupérateur d’images pour collecter automatiquement les photos de visages accessibles au public sur les médias sociaux et d’autres sites Web afin de constituer sa base de données biométriques. Elle vend ensuite l’accès à cette base de données – et la capacité d’identifier des personnes – aux entités chargées de faire respecter la loi et à des entreprises privées. La légalité de l’approche adoptée par Clearview AI pour construire son service de reconnaissance faciale fait l’objet d’un certain nombre de contestations juridiques dans le monde. Toutefois, l’entreprise estime qu’elle est dans le juste.En 2020, les autorités britanniques et australiennes ont ouvert une enquête sur la protection de la vie privée concernant les moyens d’extraction de données utilisées par la société. En février, les commissaires à la protection de la vie privée du Canada ont estimé que l’extraction des visages par Clearview est « illégale » et crée un système qui « inflige un préjudice général à tous les membres de la société, qui se retrouvent continuellement dans une séance d’identification par la police ». La police suédoise a déjà été condamnée à une amende par le régulateur des données du pays pour avoir utilisé les offres de Clearview AI.Dans une affaire en Allemagne, l’agence de protection des données de Hambourg a ordonné à Clearview AI de supprimer le hachage mathématique représentant le profil d’un utilisateur après que celui-ci s’est plaint. Aux États-Unis, Clearview AI a été poursuivie par l’American Civil Liberties Union dans l’État de l’Illinois en 2020 pour avoir violé la loi sur la confidentialité des données biométriques de l’Illinois. Les résultats de cette action en justice ont contribué à la décision de l’entreprise de cesser de vendre son produit à des entreprises privées américaines. Mais les tourments ne s’arrêtent pas là pour l’entreprise.Clearview AI a également fait l’objet de poursuites judiciaires dans le Vermont, à New York et en Californie. Les plaintes déposées aujourd’hui allèguent également que les images et les métadonnées collectées Clearview sont stockées sur les serveurs de Clearview AI indéfiniment, même après que la source de la donnée a été supprimée ou rendue privée.Les organismes de surveillance de la vie privée ont déclaré que les régulateurs nationaux (l’ICO au Royaume-Uni, la CNIL en France, etc.) ont trois mois pour répondre à leurs plaintes. Dans l’intervalle, vous pouvez demander à recevoir toutes les données que Clearview AI pourrait détenir sur vous par le biais de l’e-mail et des formulaires fournis sur son site et demander que votre visage soit supprimé des recherches de clients.

Sources : Privacy International, Plainte déposée au Royaume-Uni (PDF)

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?

Selon vous, Clearview AI doit-il être interdit en France, en Europe ou partout ailleurs ?
Pensez-vous qu’un tel modèle économique est le bienvenu à l’heure où la vie privée est une denrée très recherchée ?

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