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  • Le dévoilement fuséonautique du Québec : Les Équipes Québécoises de Fuséonautique Universitaire

    Le dévoilement fuséonautique du Québec : Les Équipes Québécoises de Fuséonautique Universitaire

    Photos et séquences vidéo de l’évènement disponibles ici : https://www.facebook.com/share/p/1KCfpprUJK/

    Introduction Au Québec, une nouvelle génération d’ingénieurs s’entraîne à toucher aux étoiles. Dans les universités de la province, des équipes étudiantes de fuséonautique conçoivent, construisent et lancent des fusées expérimentales de haute puissance. Ces clubs scientifiques – Space Concordia à l’Université Concordia, McGill Rocket Team à l’Université McGill, RockÉTS à l’École de technologie supérieure (ÉTS) et le Groupe aérospatial de l’Université Laval (GAUL) – se sont hissés parmi les meilleurs au Canada et brillent sur la scène internationale. Ils participent à des compétitions prestigieuses comme l’Intercollegiate Rocket Engineering Competition (IREC) et sa version élargie, la Spaceport America Cup, ainsi qu’au nouveau défi national Launch Canada. Leur succès repose sur une philosophie commune : repousser les limites de l’ingénierie aérospatiale tout en formant la relève. Tour d’horizon de ces quatre équipes québécoises, de leur philosophie et projets actuels aux compétitions qui animent leur ambition, en passant par l’organisation de leurs troupes – aérostructure, avionique, propulsion – et les objectifs qu’elles poursuivent avec ardeur.

    Space Concordia – L’ambition d’atteindre l’espace À l’Université Concordia, le club Space Concordia est devenu synonyme d’audace technologique. Fondé en 2012 au sein d’une association étudiante dédiée à l’espace (Concordia University, 2022), sa division fuséonautique s’est fixé un but hors du commun : être la première équipe étudiante au monde à lancer une fusée au-delà de la ligne de Kármán, soit à plus de 100 km d’altitude, autrement dit dans l’espace. « How often in your life do you get the chance to do something that nobody has ever done before? We’re doing the impossible » (« Dans une vie, qui a l’occasion de faire quelque chose que personne n’a jamais fait? Nous, nous réalisons l’impossible »), résumait Oleg Khalimonov, alors capitaine de l’équipe, lors d’un essai historique en 2021 (Pacific Coast Composites, 2021). Ce jour-là, Space Concordia a testé son moteur-fusée expérimental Stewart, de type bi-ergol liquide, qui a délivré une poussée record de 35 kN – la plus puissante jamais produite par un moteur étudiant. Ce tir statique victorieux, fruit de plusieurs années de développement, a propulsé l’équipe au rang des pionniers : le moteur Stewart a surpassé en puissance le précédent record étudiant (25 kN par l’Université de Delft) et même les petits moteurs de fusées commerciales. Surtout, il a validé la conception de la fusée Starsailor, un véhicule de 13 m de long que l’équipe compte lancer au-delà des 100 km d’altitude, avec une charge utile scientifique de 50 kg à bord (Pacific Coast Composites, 2021; Concordia University, 2022).

    Cette quête du « space shot » témoigne de la philosophie de Space Concordia : viser grand et innover. Le slogan officieux de la division, « Doing the impossible » – réaliser l’impossible – n’est pas usurpé. Dès ses débuts, l’équipe a fait preuve d’un esprit de compétition tenace. Elle participe depuis 2014 aux concours internationaux de fuséonautique étudiante, s’améliorant sans cesse (Concordia University, 2022). En 2018, sa fusée Supersonice – la première fusée supersonique de l’histoire de Concordia – a atteint Mach 3 en trois secondes et remporté deux premiers prix à la Spaceport America Cup dans la catégorie « 30 000 pieds – motorisation avancée » et au volet charge utile, surpassant des universités de prestige comme Stanford et MIT (Concordia University, 2022). Ce triomphe a fait de Space Concordia la première équipe de Concordia à remporter une compétition internationale d’ingénierie (Concordia University, 2022). Forte de ce succès, la division a ensuite redoublé d’ambition en entrant dans le défi nord-américain Base 11 Space Challenge dont l’objectif était, précisément, de propulser une fusée étudiante dans l’espace (Pacific Coast Composites, 2021). C’est dans ce cadre qu’est né le projet Starsailor. Malgré la pandémie de COVID-19 qui a ralenti le travail, l’équipe a construit la majeure partie de cette fusée suborbitale et en a testé tous les systèmes au sol d’ici 2021-2022 (Concordia University, 2022). Le lancement de Starsailor est attendu dès que les autorisations et conditions seront réunies – l’équipe explorant des options de lancement au Canada (Churchill, Manitoba) ou ailleurs en Amérique du Nord (Pacific Coast Composites, 2021).

    Pour réaliser l’impossible, Space Concordia s’appuie sur une équipe multidisciplinaire structurée en sous-groupes spécialisés. Le département propulsion est le cœur du projet Starsailor : ce sont ces étudiantes et étudiants qui ont conçu le moteur Stewart et le banc d’essai mobile Trailer Tom capable de soutenir une poussée de 120 kN (Space Concordia, s.d.). En parallèle, l’équipe aérostructure développe le fuselage en matériaux composites, les ailerons et la tour de lancement de 22 m (Bigger Ben) qui servira à guider la fusée dans ses premiers instants de vol. De son côté, la cellule avionique crée l’électronique embarquée – capteurs, ordinateurs de bord, télémesure – indispensable pour suivre le vol, déployer les parachutes et éventuellement récupérer la fusée réutilisable (Concordia University, 2022). À ces principaux volets s’ajoutent la charge utile (souvent des expériences scientifiques novatrices, comme un dispositif de microfluidique embarqué) et les systèmes au sol. Les membres de Space Concordia, au nombre de quelques dizaines, travaillent sur leur temps libre avec passion : « [Ils] vont au-delà de leurs études et consacrent leur temps parascolaire à l’exploration de nouvelles technologies spatiales, en s’auto-formant et en formant les autres » (Pacific Coast Composites, 2021, notre traduction). L’engagement est tel que certains prolongent leurs études pour voir aboutir un projet aussi colossal (McGill University, 2023).

    Bien que Space Concordia n’ait pas relancé de fusée en compétition depuis 2018 – le projet Starsailor mobilisant toutes ses ressources –, son influence se fait sentir dans la communauté aérospatiale étudiante. L’équipe collabore avec les autres clubs montréalais et partage son expertise lors d’événements comme le Montreal Space Symposium (Concordia University, 2022). Elle a inspiré la création d’une seconde équipe de fuséonautique à Concordia (le groupe CIADI), dédiée à des fusées plus petites afin de donner aux novices l’occasion de lancer un engin chaque année (Pahmer, 2022). Quoi qu’il en soit, Space Concordia reste à l’avant-garde, déterminée à inscrire son nom dans l’histoire en atteignant la frontière de l’espace. « Ad astra! » concluent souvent ses membres – vers les étoiles.

    McGill Rocket Team – Forger la relève en visant l’excellence À quelques kilomètres de là, l’équipe de fuséonautique de l’Université McGill poursuit une mission différente mais complémentaire. Fondée en 2014 par deux étudiants en génie désireux de « contribuer à l’essor de l’exploration spatiale » (Alip, 2015), la McGill Rocket Team s’est rapidement imposée comme l’un des plus grands clubs techniques de l’université. Sa philosophie est centrée sur la formation pratique et la transmission du savoir. « Notre mission est de former la prochaine génération de leaders de l’industrie », proclame l’équipe (McGill Rocket Team, s.d.), qui souligne combien la participation au projet permet d’appliquer concrètement la théorie apprise en classe et de développer des compétences prisées sur le marché du travail. L’enthousiasme et la fierté de faire décoller une fusée après des mois de labeur créent des liens solides au sein du groupe, qui recrute des étudiants de toutes facultés. De fait, la McGill Rocket Team a grandi de 70 membres en 2015 (Alip, 2015) à plus de 200 aujourd’hui, issus tant du génie que des sciences ou même des arts et de la gestion. En son noyau dur, l’équipe compte une cinquantaine d’étudiants très engagés qui n’hésitent pas à prolonger leurs études de quelques trimestres pour mener à bien les projets (McGill University, 2023).

    La structure de l’équipe reflète la complexité des fusées qu’elle conçoit. Cinq sous-équipes techniques principales travaillent main dans la main : aérostructures (conception de la cellule, des ailerons, de la coiffe et analyse aérodynamique), avionique (circuits électroniques, capteurs, logiciel embarqué et télémétrie), propulsion (choix et intégration du moteur, réservoirs et conduites dans le cas de moteurs hybrides ou expérimentaux), charge utile (développement d’expériences scientifiques embarquées) et récupération (systèmes de déploiement de parachutes et sécurité du retour au sol) (McGill University, 2023). Un sous-groupe “lancement” s’occupe en outre des rampes de lancement et des opérations de tir lors des compétitions. Tous ces pôles collaborent étroitement, et la mobilité interne est encouragée : un étudiant en aérostructure peut très bien aller prêter main-forte à l’avionique, etc., ce qui favorise une compréhension globale du projet (McGill University, 2023). Ce fonctionnement en silo souple, allié à l’apport continu de nouvelles recrues formées par les anciens, permet de préserver la « mémoire technique » d’une année sur l’autre – un défi pour les clubs universitaires où la graduation entraîne un renouvellement rapide des effectifs.

    Depuis ses débuts, la McGill Rocket Team s’est illustrée par son approche itérative, chaque projet de fusée tirant les leçons du précédent. Sa première fusée, Peregrine, dévoilée en juin 2015, était un engin de 9,5 pieds (environ 3 m) propulsé par un moteur commercial solide, conçu pour atteindre 10 000 pieds d’altitude et larguer un planeur scientifique de 10 lb en guise de charge utile (Alip, 2015). Ce coup d’essai modeste a permis à l’équipe d’acquérir de l’expérience lors de l’IREC 2015, où McGill s’est classée honorablement pour sa première participation. Dès l’année suivante, l’équipe s’améliore : elle se hisse à la 2e place toutes catégories à l’IREC 2016 (Space Concordia, 2018). La montée en puissance continue en 2017 et surtout en 2018, année charnière où la McGill Rocket Team remporte le prestigieux Spaceport America Cup à Las Cruces, Nouveau-Mexique. Sa fusée Blanche (10 000 pieds, moteur commercial) réalise un vol parfait et l’équipe décroche le Genesis Cup, trophée du meilleur score toutes catégories confondues, devenant la championne mondiale 2018. C’était la première fois qu’une équipe québécoise remportait ce concours international regroupant plus de 100 universités – un exploit retentissant (McGill Rocket Team, s.d.). Dans la foulée, McGill décide d’élever le niveau technologique de ses fusées. Au lieu d’utiliser uniquement des moteurs du commerce (dit COTS), l’équipe développe son propre moteur hybride à ergols solide et liquide (protoxyde d’azote et paraffine). Cette innovation, relevant de la propulsion expérimentale étudiante (SRAD – Student Researched and Developed), porte ses fruits en 2022 : la nouvelle fusée équipée d’un moteur hybride maison atteint 10 000 pieds lors de la Spaceport America Cup 2022 et vaut à McGill la 2e place de la catégorie « 10 000 pieds – moteur hybride SRAD » (McGill Rocket Team, s.d.). L’année suivante, en 2023, l’équipe participe pour la première fois à Launch Canada, le tout nouveau concours national tenu en Ontario, et y termine finaliste de la catégorie avancée (moteur hybride) (McGill Rocket Team, s.d.). Sa fusée Porthos s’y illustre par un lancement réussi supersonique à Mach 1+ et une récupération impeccable, démontrant la fiabilité croissante de ses conceptions (McGill University, 2023).

    Malgré ces prouesses techniques, la McGill Rocket Team n’oublie pas sa raison d’être éducative. « Nous vivons une époque où l’on parle d’exploration spatiale et de voyages commerciaux dans l’espace. C’est très excitant de pouvoir possiblement y contribuer », confiait Aissam Souidi, cofondateur de l’équipe, dès 2015 (Alip, 2015). Pour ces étudiants, construire des fusées est un moyen de participer, à leur échelle, à l’aventure du New Space. Le club met l’accent sur l’apprentissage par la pratique, le mentorat entre étudiants et la recherche de conseils auprès de professeurs ou d’experts de l’industrie lorsque nécessaire (Alip, 2015). Cette ouverture permet d’éviter bien des écueils, dans un domaine où « tout est extrêmement pointilleux » et où la moindre erreur de calcul ou d’assemblage peut faire échouer le lancement (Pahmer, 2022). La gestion du risque et l’amélioration continue font partie intégrante de la culture du groupe : chaque échec partiel est analysé. Par exemple, après un problème de dernière minute sur la fusée de 2022, les responsables propulsion ont immédiatement planifié des correctifs pour 2023, conscients que « ce n’est pas que la technologie qui fait une meilleure fusée, c’est aussi la communication et la capacité à gérer l’inattendu » (Sobral, cité dans McGill University, 2023). Le capitaine 2023 du club, Mohammad Ghali, décrit d’ailleurs la McGill Rocket Team comme un véritable incubateur de talents : les anciens transmettent leur savoir aux nouveaux, et les membres acquièrent une expérience qui les propulse dans des stages et emplois de pointe en aérospatiale (McGill University, 2023). Grâce à cette approche, l’équipe poursuit un objectif double : continuer de briller en compétition en repoussant ses limites techniques, tout en formant des ingénieurs polyvalents et aguerris, prêts à intégrer l’industrie spatiale canadienne et internationale.

    RockÉTS – Innover avec audace à l’École de technologie supérieure Troisième acteur majeur du milieu, le club RockÉTS de l’ÉTS Montréal se distingue par son esprit d’innovation et ses racines francophones. Fondé en 2012, RockÉTS est l’un des plus anciens clubs de fuséonautique universitaire au Québec (RockÉTS, 2024). Son slogan donne le ton : « Le ciel n’est pas notre limite, c’est notre point de départ. » Autrement dit, l’équipe voit plus loin que la simple ligne d’horizon. Composée d’une trentaine d’étudiants en génie de toutes disciplines (RockÉTS, 2024), elle s’est donnée pour mission de développer des fusées-sondes de haute puissance tout en promouvant les sciences et technologies aérospatiales auprès de la communauté. « RockÉTS s’appuie sur le partage et la culture des connaissances en ingénierie […] et inspire les nouvelles générations dans la poursuite de rêves stellaires », peut-on lire dans sa déclaration de mission (RockÉTS, 2024). Professionnalisme, innovation, respect, qualité, communication et travail d’équipe forment le socle de valeurs de ce club qui valorise autant le processus d’apprentissage que la performance en vol.

    Au fil des ans, RockÉTS a fait preuve d’une remarquable capacité d’adaptation et de créativité technique. Une particularité de l’équipe est de baptiser ses projets de noms en inuktitut, en hommage aux communautés inuites du Canada (RockÉTS, 2024). Ainsi, ses fusées et systèmes portent des noms comme Aumaaq (« faucon », le nom d’une fusée antérieure), ou Pana (« flèche » en inuktitut), le nom du moteur hybride sur lequel l’équipe travaille actuellement. Cette touche culturelle s’accompagne d’innovations concrètes : RockÉTS a notamment été le premier club québécois à concevoir et lancer une fusée étudiante à deux étages – un exploit rarissime en milieu universitaire. En 2018, l’équipe a également inscrit son nom au palmarès de la Spaceport America Cup en remportant le prix de l’innovation technologique Dr. Gil Moore, saluant l’ingéniosité de ses solutions (RockÉTS, 2023). Côté compétitions, RockÉTS fait figure de pilier : elle participe à la Spaceport America Cup depuis sa création. L’ÉTS a d’ailleurs décroché la 1re place de la catégorie 10 000 pieds en 2016, puis une 2e^place en catégorie 30 000 pieds – propulsion commerciale en 2019, et une 3e place dans la même catégorie en 2022 (RockÉTS, 2023). L’année 2023 a couronné ces efforts lorsque RockÉTS a remporté la 1re place de la catégorie 30 000 pieds (moteur commercial) à Spaceport America – surpassant plus d’une centaine d’autres équipes du monde entier (RockÉTS, 2023). Sur la scène nationale, RockÉTS a dominé la Launch Canada 2022 : lors de la première édition de ce concours canadien, elle a lancé la toute première fusée expérimentale (à moteur entièrement étudiant) sur le sol du pays, établissant au passage un record d’altitude, et s’est adjugé le titre de grande championne toutes catégories en plus de la 1re place dans la catégorie de base (RockÉTS, 2023). Ces résultats font de RockÉTS une référence au Canada, reconnue pour sa capacité à innover et à livrer des performances fiables.

    Comment une équipe relativement réduite obtient-elle de tels succès? Le secret réside dans son organisation rigoureuse et son approche pragmatique. À l’image des autres clubs, RockÉTS est subdivisée en cellules spécialisées. Le pôle aérostructure maîtrise l’art des matériaux composites : la structure de ses fusées est en fibres de carbone et de verre, un véritable « art » selon l’équipe, qui publie régulièrement des aperçus de la fabrication de ses fuselages sur les réseaux sociaux (RockÉTS, 2024). Le groupe avionique développe des systèmes modulaires innovants, tel le projet Anirniq d’architecture avionique modulaire prévu pour la prochaine génération de fusées (RockÉTS, 2024). La propulsion est un domaine en pleine évolution chez RockÉTS : historiquement l’équipe utilisait des moteurs solides commerciaux, mais elle investit désormais dans le développement de moteurs hybrides maison, via le projet Pana (RockÉTS, 2024). Réussir la transition vers une propulsion expérimentale interne ouvre la voie à des altitudes plus élevées et une autonomie technologique accrue. Enfin, le sous-groupe charge utile travaille à des systèmes comme Timmiaq, une charge utile éjectable qui sera larguée en vol pour mener des expériences scientifiques (RockÉTS, 2024). Cette spécialisation n’empêche pas une forte cohésion : l’équipe insiste sur le partage des connaissances entre anciens et nouveaux membres, et sur la formation continue. Avant chaque lancement, RockÉTS effectue de nombreux tests, parfois en collaboration avec d’autres clubs ou organismes. En 2022, pour son ambitieux projet de fusée Arrow destiné à atteindre 80 000 pieds d’altitude, l’équipe s’est rendue en Californie sur le site de la Friends of Amateur Rocketry afin d’effectuer un tir haute puissance. Malgré un atterrissage difficile de la fusée, cette expérience a renforcé le savoir-faire de l’équipe en conditions réelles (RockÉTS, 2023).

    L’engagement de RockÉTS dépasse le cadre des compétitions. Le club s’implique dans la diffusion de la culture scientifique. Il participe à des évènements de vulgarisation et collabore avec la communauté étudiante de l’ÉTS pour susciter des vocations en aérospatiale (RockÉTS, 2024). En interne, la fierté d’appartenance est forte : chaque membre est conscient de contribuer à une aventure hors du commun. Avec un palmarès déjà bien rempli, RockÉTS vise toujours plus haut. Ses objectifs actuels incluent la réussite d’un vol entièrement propulsé par un moteur hybride maison, l’amélioration continue de la fiabilité des systèmes (particulièrement du déploiement des parachutes, souvent critique), et, pourquoi pas, l’établissement de nouveaux records canadiens d’altitude. Pour RockÉTS, le ciel n’est vraiment que le point de départ.

    GAUL (Université Laval) – Persévérance et rêves stellaires à Québec Loin de Montréal, dans la ville de Québec, le Groupe aérospatial de l’Université Laval (GAUL) apporte une autre pièce essentielle au puzzle de la fuséonautique étudiante québécoise. Organisé sur le campus de Québec depuis les années 1990, le GAUL a orienté ses activités vers les fusées haute puissance dès le début des années 2010. Depuis 2012, il a conçu et lancé sept fusées expérimentales de plus en plus sophistiquées (Larose, 2023). Contrairement aux clubs des grands centres urbains, le GAUL évolue dans une université sans programme de génie aérospatial dédié. Ses rangs rassemblent donc surtout des étudiants en génie physique (physique ingénieur) et en génie mécanique, mus par « une soif d’apprendre et un désir d’œuvrer dans le domaine de l’aérospatiale » (GAUL, 2023). L’organisation se veut un projet formateur avant tout : elle offre aux étudiants l’occasion de concevoir, fabriquer et tester des fusées amateurs de A à Z, tout en mobilisant les ressources du campus pour accomplir ses missions (GAUL, 2023). Au-delà des fusées, le GAUL s’investit aussi dans d’autres projets aérospatiaux, par exemple la modernisation d’un observatoire astronomique ou la réalisation d’une charge utile scientifique destinée à la stratosphère (GAUL, 2023). Cette polyvalence témoigne de la passion des membres pour tout ce qui touche à l’espace.

    La petite taille de l’équipe (une vingtaine de membres actifs en 2023 selon Larose, 2023) ne l’empêche pas d’adopter une structure comparable à celle de ses homologues. Lors du développement de la fusée Nebula en 2022-2023, le GAUL a réparti le travail en sous-équipes clairement définies. L’équipe aérostructure a conçu et assemblé le fuselage de 2,7 m de long en fibres de carbone et de verre, ainsi que les ailerons et la coiffe, en veillant à la résistance mécanique des pièces (Larose, 2023). De son côté, l’équipe avionique s’est chargée de la baie électronique de bord, du système d’acquisition des données en vol et du déploiement des deux parachutes (Larose, 2023). Comme le GAUL utilise pour l’instant des moteurs commerciaux (de classe O pour Nebula, fournissant une poussée de l’ordre de plusieurs kilonewtons), l’intégration de la propulsion consistait à adapter la structure et les supports en aluminium pour encaisser les contraintes du moteur, tout en logeant les altimètres et systèmes d’allumage (Larose, 2023). L’aventure Nebula a été riche en enseignements : « Nous avons conçu et assemblé 90 % des pièces de la fusée […] Assembler les pièces et les faire fonctionner ensemble a demandé beaucoup de temps », explique Justin Binette, président du GAUL (Larose, 2023). Dans les derniers jours avant le lancement, l’équipe a dû affronter des pépins techniques, notamment la panne de son circuit imprimé avionique. Les étudiants ont fait preuve d’une grande débrouillardise en improvisant une solution de secours : « Nous avons dû démonter l’avionique d’urgence […] et reconnecter les modules manuellement à un microcontrôleur. Ce n’était ni élégant, ni idéal, mais cela a fonctionné », raconte un membre de l’équipe (Larose, 2023). Ce sens de l’ingéniosité et du sang-froid caractérise bien le GAUL, qui mise sur l’apprentissage par l’erreur et la solidarité. En cas de doute, le club n’hésite pas à « demander des conseils à d’autres clubs aérospatiaux universitaires du Québec », note l’étudiant Lou Cloutier, ajoutant que ces échanges ont aidé l’équipe à améliorer la conception de la coiffe de Nebula après une défaillance sur une fusée précédente (Larose, 2023). Cette entraide interuniversitaire est un bel exemple de communauté de pratique à l’échelle provinciale.

    Jusqu’à récemment, le GAUL évoluait un peu dans l’ombre, accumulant les essais et les erreurs sans obtenir de résultats spectaculaires en compétition. En 2019, sa fusée Alouette (10 000 pieds, moteur commercial) s’était désintégrée partiellement en vol au Spaceport America Cup à cause d’une faiblesse structurelle au niveau du nez, entraînant un crash de l’étage principal (Larose, 2023). Puis vint la longue pause de la pandémie. Mais la détermination du GAUL est intacte. « Cela faisait quatre ans que le GAUL n’avait pas participé à un lancer de fusées. Voir enfin une fusée du GAUL décoller a été très satisfaisant », confiait Lou Cloutier après le récent retour en scène de l’équipe (Larose, 2023). Ce retour a eu lieu à la compétition Launch Canada 2023, fin août à Timmins en Ontario. Le 30 août 2023, à 19 h, Nebula a rugi sur la rampe de lancement sous les encouragements d’étudiants venus de tout le pays (Larose, 2023). La fusée a dépassé Mach 1, filant à 391 m/s (1,15 fois la vitesse du son) et atteignant une apogée de 3 287 m – plus de 10 000 pieds (Larose, 2023). Puis ses parachutes se sont ouverts et elle est retombée sans encombre, récupérée intacte par l’équipe. Cet atterrissage en douceur était déjà une victoire en soi lorsque l’on sait que, durant ce concours, plusieurs des 18 équipes en lice ont subi des avaries de parachute (Larose, 2023). « Notre seul but était de faire voler la fusée. Nous avons réussi. Dans nos cœurs, nous sommes premiers de la compétition », a déclaré Lou Cloutier dans les heures qui ont suivi, traduisant la joie et la fierté des Lavalois malgré un classement officiel encore à venir (Larose, 2023). Quelques mois plus tard, en juin 2024, le GAUL a confirmé son retour au premier plan en participant à la Spaceport America Cup avec sa nouvelle fusée Mérope. Propulsée par un moteur commercial dans la catégorie 10 000 pieds, Mérope a effectué un vol quasi parfait, atteignant 9 784 pieds – à 2 % près de l’objectif fixé – avec une stabilité exemplaire grâce à une aérostructure 100 % composites optimisée (Larose, 2024). « On a eu un vol parfait, du décollage à l’atterrissage… Tout s’est bien passé, on a eu ce à quoi on s’attendait », a commenté Justin Binette, président du GAUL, fier du travail accompli en un an de préparation (Larose, 2024). Pour l’équipe lavalloise, ce résultat est une source d’encouragement immense, même si la compétition comporte de nombreux prix et qu’il reste du chemin pour monter sur le podium international.

    Les objectifs du GAUL s’alignent avec sa philosophie de persévérance et de progression continue. Dans un futur proche, le groupe vise à fiabiliser encore ses systèmes (notamment l’avionique, point névralgique où les aléas sont nombreux) et à améliorer ses performances en compétition nationale. Le défi sera aussi de recruter et former suffisamment de membres pour pérenniser l’initiative dans le temps, un enjeu majeur pour une université moins spécialisée en aérospatiale. À plus long terme, le GAUL pourrait envisager de développer sa propre propulsion expérimentale, suivant l’exemple de ses collègues de Montréal, afin de concourir dans des catégories SRAD plus avancées. Mais chaque chose en son temps : après avoir retrouvé le chemin du succès en 2023-2024, l’équipe semble surtout savourer le fruit de sa persévérance. L’expérience acquise à travers les épreuves passées est devenue son atout principal. Désormais, le GAUL poursuit son rêve stellaire avec confiance, bien décidé à faire rayonner l’Université Laval dans le firmament de la fuséonautique étudiante.

    Conclusion De Montréal à Québec, en passant par toutes les disciplines du génie, les clubs de fuséonautique universitaire du Québec témoignent d’un véritable essor du domaine spatial au sein du milieu étudiant. Chacun à leur manière, Space Concordia, McGill Rocket Team, RockÉTS et GAUL incarnent l’équilibre entre compétition et collaboration, formation et innovation. Leurs philosophies respectives – oser l’impossible, former la relève, innover ensemble, persévérer malgré les obstacles – convergent vers un même idéal : repousser les frontières de la connaissance et de la technique. En une décennie, ces équipes ont propulsé le Québec au premier plan des compétitions de fusées étudiantes, remportant des honneurs internationaux et établissant des records. Surtout, elles ont contribué à former une nouvelle cohorte d’ingénieurs aérospatiaux passionnés, soudés par des expériences hors du commun, du fracas assourdissant d’un moteur en essai statique aux acclamations lors d’un lancement réussi dans le désert du Nouveau-Mexique.

    L’aventure, toutefois, ne fait que commencer. L’espace, qui semblait autrefois l’apanage d’agences gouvernementales et de multinationales, s’ouvre peu à peu aux nouvelles générations et aux initiatives audacieuses. Dans ce contexte, les équipes québécoises de fuséonautique universitaire poursuivent des objectifs ambitieux : atteindre l’espace avec la première fusée étudiante réutilisable, développer des propulsions toujours plus propres et efficaces, ou encore démocratiser l’accès aux technologies spatiales. Leur récit est celui d’un rêve collectif qui se réalise pas à pas, à force de calculs, d’essais et de nuits blanches dans les ateliers. À l’image de leurs fusées pointant vers le ciel, ces étudiants montrent la voie. Et alors que leurs machines percent les nuages, c’est toute une province – professeurs, mentors, partenaires industriels et grand public – qui lève les yeux, inspirée. L’histoire retiendra peut-être un jour le nom d’une fusée québécoise ayant atteint les étoiles. Mais d’ici là, c’est déjà la trajectoire parcourue qui force l’admiration. Ensemble, ces quatre équipes prouvent que la relève a bel et bien décollé – et qu’au Québec, l’espace n’est plus une frontière, mais un horizon tangible à conquérir.

    Bibliographie

    Alip, Z. (2015, 29 juin). Ready to launch – McGill Rocket Team hosts unveiling ceremony. The McGill Daily. Consulté le 1 juin 2025.

    Concordia University. (2022). Space Concordia (donation and projects page) – Section Rocketry. Consulté sur https://www.concordia.ca/alumni-friends/giving-to-concordia/areas-to-support/space-concordia.html le 1 juin 2025.

    GAUL – Groupe aérospatial de l’Université Laval. (2023). Profil LinkedIn du GAUL. Consulté le 1 juin 2025.

    Larose, Y. (2023, 11 septembre). Lancement réussi de la fusée Nebula. ULaval Nouvelles. Université Laval. Consulté sur https://nouvelles.ulaval.ca/2023/09/11/lancement-reussi-de-la-fusee-nebula le 1 juin 2025.

    Larose, Y. (2024, 28 juin). Le Groupe aérospatial de l’Université Laval se distingue à la Spaceport America Cup. ULaval Nouvelles. Université Laval. Consulté sur https://nouvelles.ulaval.ca/2024/06/28/le-groupe-aerospatial-de-luniversite-laval-se-distingue-a-la-spaceport-america-cup le 1 juin 2025.

    McGill Rocket Team. (s.d.). Site officiel – Page d’accueil et Competitions. Consulté sur https://www.mcgillrocketteam.com le 1 juin 2025.

    McGill University, Faculty of Engineering. (2023, 25 octobre). McGill Rocket Team has launched! [Article de nouvelles]. Consulté sur https://www.mcgill.ca/engineering/channels/news/mcgill-rocket-team-has-launched-352262 le 1 juin 2025.

    Pacific Coast Composites. (2021, 26 juillet). Space Concordia fires most powerful student rocket engine in the world [Communiqué de presse]. Consulté sur https://www.pccomposites.com/space-concordia-fires-most-powerful-student-rocket-engine-in-the-world/ le 1 juin 2025.

    Pahmer, D. (2022, 3 avril). Concordia’s grassroots rocket engineers vie for victory in Canada’s intercollegiate space race. The Link. Consulté le 1 juin 2025.

    RockÉTS – École de technologie supérieure. (2024). Site officiel – RockÉTS, fusées haute puissance (page « À propos » et projets 2024-2025). Consulté sur https://rockets.etsmtl.ca le 1 juin 2025.

    RockÉTS. (2023). RockÉTS Partnership Proposal 2023-2024 [Document PDF]. ÉTS Montréal. Consulté le 1 juin 2025.

  • Mars : la prochaine grande odyssée humaine

    Mars : la prochaine grande odyssée humaine

    Introduction

    Un demi-siècle après les premiers pas de l’humanité sur la Lune, l’idée d’envoyer des humains sur Mars passe lentement du rêve de science-fiction à un projet concret, planifié par les agences spatiales et de nouveaux acteurs privés. La NASA présente désormais Mars comme son « horizon » ultime pour l’exploration habitée, avec pour objectif déclaré d’y poser des astronautes dès la fin des années 2030 (NASA, s.d.). La Chine, de son côté, ambitionne d’envoyer un équipage sur la planète rouge dès 2033 puis régulièrement tous les deux ans (Reuters, 2021), prélude à l’établissement d’une base permanente exploitant les ressources locales. Ces calendriers audacieux, inimaginables il y a vingt ans, témoignent d’un nouvel élan optimiste pour la conquête de Mars. Des ingénieurs, scientifiques et entrepreneurs – du vétéran Robert Zubrin, fondateur de la Mars Society, à l’entreprise SpaceX d’Elon Musk – défendent qu’avec les avancées techniques récentes, une mission habitée n’est plus un fantasme lointain mais une entreprise crédible et réalisable à brève échéance (Zubrin, 1996 ; SpaceX, s.d.).

    Qui sont ces voix optimistes et sur quels arguments s’appuient-elles ? Quelles innovations nous rapprochent concrètement du jour où un humain foulera le sol ocre de Mars ? Enfin, comment surmonter radiations cosmiques, isolement psychologique, risques techniques, durée du trajet et coût astronomique ? Ce dossier propose un état de la question, fondé sur la littérature scientifique la plus récente.

    1. Robert Zubrin et l’héritage de Mars Direct

    Parmi les piliers de l’optimisme martien, Robert Zubrin occupe une place à part. Dès les années 1990, l’ingénieur aérospatial publie le scénario Mars Direct, qui renverse la logique « tout-emporter-depuis-la-Terre » en misant sur l’utilisation des ressources in situ (ISRU) pour fabriquer le carburant du voyage retour à partir du CO₂ martien et extraire l’eau du régolithe (Zubrin, 1996). Le concept, jugé téméraire à l’époque, démontre qu’en « vivant de la Terre martienne », on peut alléger considérablement la masse à lancer et donc avancer le calendrier d’une première mission.

    2. La NASA : de Artemis à « Moon to Mars »

    Aujourd’hui, la NASA revendique officiellement Mars comme destination ultime de son programme d’exploration habitée. Le retour sur la Lune via Artemis n’est plus une fin en soi : il s’agit d’un banc d’essai grandeur nature pour les technologies martiennes. L’agence prévoit une mission orbitale autour de Mars vers 2033-2035, suivie d’un atterrissage humain à l’horizon 2037-2039 (NASA, 2020). Dans ses documents stratégiques, la NASA répète que « les capacités développées pour la surface lunaire (habitats, scaphandres, ISRU) seront transférées vers Mars » (NASA, 2022). Ce cap bénéficie d’un soutien bipartisan au Congrès américain, renforçant la crédibilité du calendrier.

    3. L’émulation internationale : l’Europe et surtout la Chine

    L’Agence spatiale européenne (ESA) s’est associée à la NASA pour la future mission de retour d’échantillons martiens et pour l’architecture Moon to Mars, affichant sa volonté d’envoyer, à terme, des astronautes européens vers la planète rouge (ESA, 2023). Mais c’est la Chine qui imprime depuis peu le rythme de la compétition. Après l’atterrissage réussi du rover Zhurong en 2021, la CNSA a présenté un plan de cinq missions habitées entre 2033 et 2043 : robots précurseurs pour préparer une base, puis équipages réguliers en vue d’une présence permanente (Reuters, 2021). Wang Xiaojun, directeur de l’Académie chinoise des lanceurs, a décrit une flotte de vaisseaux Terre–Mars reposant, à terme, sur la propulsion nucléaire afin de réduire le temps de trajet (Wang, 2021). Cette annonce a ravivé la motivation américaine, déclenchant une « course vers Mars » où chaque percée de l’un pousse l’autre à accélérer.

    4. SpaceX : l’audace technologique du secteur privé

    Elon Musk, via SpaceX, affiche pour but ultime la colonisation martienne. Son vaisseau géant Starship, entièrement réutilisable, pourrait placer 100 à 150 t en orbite d’un seul lancement (SpaceX, s.d.). En combinant ravitaillement orbital et vols multiples, ce lanceur ouvre la voie à des architectures « cargo d’abord, équipage ensuite » permettant de pré-positionner habitats et ravitailleuses. Une étude parue dans Nature montre qu’en exploitant à fond les performances du Starship, un vol habité Terre–Mars pourrait être ramené à 90 jours de transit, soit la moitié du temps habituel (Garcia & Patel, 2024). Cette perspective défie l’idée reçue selon laquelle seule la propulsion nucléaire raccourcirait sérieusement le voyage. Surtout, la réutilisation massive laisse entrevoir une forte baisse des coûts : SpaceX estime qu’un lancement complet de Starship pourrait revenir à une dizaine de millions de dollars, un ordre de grandeur inédit pour cette masse (The Guardian, 2023). De telles économies crédibilisent enfin l’argument financier longtemps brandi par les sceptiques.

    5. Convergence des visions et partenariats public-privé

    Fait nouveau, les agences publiques intègrent désormais ces acteurs privés dans leurs feuilles de route. La NASA a signé plusieurs contrats Commercial Lunar Payload Services avec SpaceX pour tester le Starship comme alunisseur, pas seulement pour des missions lunaires, mais en vue de démontrer la logistique orbitale qui servira à Mars (NASA, 2023). L’ESA discute de vols cargo privés vers la Gateway lunaire, tandis que la CNSA collabore déjà avec des start-up chinoises développant de petits lanceurs réutilisables. Cette convergence entre initiatives gouvernementales et dynamisme entrepreneurial nourrit un optimisme jugé réaliste : en mutualisant budgets et innovations, la communauté spatiale rassemble progressivement les pièces du puzzle martien.

    1. Propulsion et transport spatial

    La distance Terre–Mars varie de 55 à plus de 400 millions de kilomètres selon les positions orbitales, soit 6 à 9 mois de transit avec la propulsion chimique actuelle. Pour réduire ce délai – et donc l’exposition aux radiations et à l’apesanteur –, la NASA développe deux filières nucléaires : la propulsion thermique, où un réacteur chauffe un gaz propulsif, et la propulsion électrique, qui alimente des moteurs ioniques à haut rendement (NASA, 2023). Un démonstrateur commun NASA-DARPA est programmé pour 2027 ; s’il atteint ses objectifs d’impulsion spécifique, le temps de trajet pourrait être presque divisé par deux (Business Insider, 2024). De leur côté, les ingénieurs privés misent sur la réutilisation et le ravitaillement en orbite : une étude publiée dans Nature montre qu’en exploitant pleinement la capacité du lanceur Starship, un vol habité Terre–Mars pourrait se contenter de 90 jours de transit (Garcia & Patel, 2024). La vitesse accrue agit comme véritable contre-mesure radiologique : moins de temps hors champ magnétique terrestre signifie dose cumulée plus faible (Nature, 2025).

    2. Atterrissage et décollage martiens

    Se poser sur Mars est complexe : l’atmosphère, 100 fois plus ténue que celle de la Terre, offre trop peu de freinage aérodynamique. Pour dépasser la limite d’environ 1 tonne posée par les rovers actuels, la NASA a validé en 2022 le concept LOFTID, un bouclier thermique gonflable de 6 m qui augmente la traînée et protège contre la chaleur de rentrée (NASA, 2022). Des versions de 10 à 12 m pourraient déposer des charges utiles de plusieurs dizaines de tonnes, condition sine qua non pour une mission habitée. Le retour vers l’orbite exige un Mars Ascent Vehicle (MAV) prêt à décoller. L’option la plus crédible consiste à envoyer ce MAV à l’avance et à le ravitailler sur place. L’instrument MOXIE, installé sur le rover Perseverance, a déjà prouvé que l’on pouvait produire 6 à 10 g d’oxygène par heure à partir du CO₂ martien (NASA, 2021). En répliquant le procédé à plus grande échelle, on générera plusieurs tonnes de méthane-oxygène nécessaires au décollage, évitant d’emporter depuis la Terre une charge prohibitive (National Geographic, 2023).

    3. Habitats et vie sur Mars

    L’habitat pressurisé mobile étudié par la NASA combine logement et rover pour réduire le nombre d’éléments à faire atterrir (NASA, 2024). Les concours d’architecture martienne ont montré la faisabilité de bases imprimées en 3D à partir du régolithe, voire de voûtes enterrées sous deux mètres de sol afin d’atténuer les radiations (ESA, 2023). Les combinaisons spatiales suivent la même logique. Le scaphandre xEMU, déjà décliné pour les sorties lunaires, est conçu pour évoluer vers Mars ; les tissus incorporant des nanotubes de nitrure de bore hydrogéné offrent une protection accrue contre les rayons cosmiques (NASA, 2023). Quant à l’énergie, les réacteurs Kilopower d’environ 10 kW, testés au sol en 2018, garantissent une production continue, y compris lors des tempêtes de poussière qui obscurcissent le ciel pendant des mois (NASA, 2018).

    4. Communications haute capacité

    Les transmissions radio peinent à offrir un débit supérieur à quelques kilobits ; la solution passe par les liaisons laser. L’essai Lunar Laser Communication Demonstration a déjà multiplié par 100 le débit entre la Lune et la Terre (NASA, 2014). Des terminaux optiques similaires permettront aux équipages martiens d’envoyer vidéo HD et données scientifiques en temps quasi réel malgré les 20 minutes de décalage lumière.

    5. Intégration : un puzzle qui s’assemble

    Chaque brique – propulsion rapide, bouclier gonflable, ISRU, habitat mobile, scaphandres protecteurs, mini-réacteurs et communications laser – est aujourd’hui testée ou en voie de l’être. Pris isolément, ces progrès sont déjà impressionnants ; combinés, ils transforment la perspective d’un voyage humain sur Mars en projet techniquement cohérent. Les optimistes soulignent que jamais dans l’histoire spatiale autant d’innovations convergentes n’avaient été matures simultanément (Scientific American, 2022).

    1. Exposition aux radiations cosmiques : de nouvelles parades

    Loin de la magnétosphère terrestre, les astronautes affrontent deux flux dangereux : les particules solaires et surtout les rayons cosmiques galactiques. Une mission « classique » (180 j de transit aller, 500 j au sol, 180 j retour) frôle la limite d’exposition de 1 Sv fixée par la NASA (Nature, 2025). Trois leviers se combinent pour réduire ce risque :

    • Trajet plus court : un transit de 90 jours, permis par propulsion nucléaire ou architecture Starship, abaisse presque de moitié la dose cumulée (Garcia & Patel, 2024).
    • Calendrier solaire : partir près du maximum d’activité réduit le flux de rayons cosmiques, l’intense vent solaire agissant comme un bouclier (Nature, 2025).
    • Blindage intelligent : l’eau, riche en hydrogène, devient matériau de protection ; les réservoirs forment une « ceinture » autour des quartiers d’équipage (NASA, 2023). Les composites à nanotubes de nitrure de bore hydrogéné (BNNT) intégrés aux parois offrent un rapport masse/efficacité supérieur au métal (NASA, 2023). Un petit refuge central, entouré de vivres et d’eau, servira d’abri ponctuel lors des éruptions solaires (NASA, 2021).

    Au sol martien, l’atmosphère, bien que ténue, réduit déjà de près de moitié le flux cosmique reçu en espace profond ; enterrer les habitats sous deux mètres de régolithe fait tomber la dose annuelle sous celle imposée aux travailleurs du nucléaire sur Terre (National Geographic, 2023).

    2. Apesanteur prolongée : enseignements de l’ISS

    La microgravité provoque fonte musculaire, décalcification osseuse et altérations cardiovasculaires. Les deux décennies de vie continue sur la Station spatiale internationale démontrent cependant qu’un programme quotidien de 2 h 30 d’exercice (tapis, vélo, machine de résistance) maintient les pertes dans des seuils réversibles (Scientific American, 2022).

    • Perte osseuse : limitée à ~1 % par mois avec charge mécanique régulière ; récupération quasi complète six mois après retour (ESA, 2022).
    • Troubles visuels : les combinaisons à pression négative SkinSuit, testées en orbite, redistribuent les fluides vers les jambes, atténuant l’œdème crânien (ESA, 2023).
    • Gravité partielle de Mars (0,38 g) : elle offre une transition plus douce qu’un retour brutal à 1 g et devrait relancer muscles et os après le voyage (NASA, 2020).

    De plus, la présence de deux médecins à bord, une échographie portable et un soutien télémédical différé (< 20 min) constituent le noyau d’un système de santé autonome (NASA, 2021).

    3. Santé mentale et isolement : preuves par les missions analogues

    Un équipage de 4 à 6 personnes vivra deux ans coupé du monde, avec communications différées. Les études sur les expéditions analogues sont rassurantes :

    • Mars-500 : six volontaires ont tenu 520 jours de confinement sans conflit majeur, grâce à une sélection psychologique rigoureuse et à des routines variées (ESA, 2013).
    • HI-SEAS (Hawaï) : les équipes qui disposent d’autonomie dans la gestion du temps et d’activités créatives rapportent taux de stress et de conflit minimes (University of Hawaii, 2018).
    • ISS : plus de vingt ans d’opérations montrent qu’un leadership empathique et des activités sociales (repas partagés, expériences culturelles) maintiennent un moral élevé (NASA, 2020).

    Les protocoles actuels prévoient : séances vidéo familiales asynchrones, échanges réguliers avec psychologues au sol, loisirs créatifs embarqués et rotations de responsabilités pour briser la monotonie (NASA, 2021). L’objectif exaltant – devenir les premiers humains sur Mars – agit en outre comme un puissant facteur de cohésion (Scientific American, 2022).

    1. Fiabilité des systèmes : la redondance comme dogme

    Au-delà des défis humains, une mission martienne impose de garantir la survie malgré 50 millions de kilomètres d’éloignement. Chaque fonction critique – propulsion, support-vie, énergie, communication – sera doublée ou triplée pour qu’aucune panne unique ne devienne fatale (NASA, 2023). L’architecture actuellement privilégiée repose sur deux modules : un remorqueur de transfert et un habitat, chacun capable de servir de refuge de secours à l’autre (NASA, 2022). Les pièces de rechange seront en partie imprimées en 3D à bord : des tests réalisés sur l’ISS montrent qu’une imprimante additive par fusion de filaments plastiques peut fabriquer des composants fonctionnels de classe avionique en microgravité (Scientific American, 2022). Des robots compagnons – drones hélicoptères dérivés d’Ingenuity ou petits rovers autonomes – prendront en charge les inspections d’équipements exposés, réduisant l’exposition humaine au danger (NASA, 2021).

    2. Validation préalable sur la Lune

    Le programme Artemis sert de laboratoire grandeur nature : les mêmes systèmes d’atterrisseur, d’habitat gonflable, de scaphandre et de réacteur Kilopower seront déployés et éprouvés à seulement trois jours de la Terre avant d’être expédiés vers Mars (NASA, 2020). Cette approche « test-avant-risque » était absente du programme Apollo ; elle augmente considérablement les marges de sécurité.

    3. Intelligence artificielle embarquée

    Les nouvelles générations d’IA pourront surveiller en temps réel des milliers de paramètres et diagnostiquer la moindre dérive avant que l’équipage n’en prenne conscience : une étude interne de la NASA estime qu’un tel « copilote numérique » pourrait réduire de 35 % la probabilité d’échec de mission (NASA, 2023).

    4. La question du financement

    En 2014, un rapport de synthèse chiffrait à environ 500 milliards USD le coût complet d’un programme martien américain mené sur trente ans (NASA, 2014). Ce montant paraît colossal, mais ramené aux 26 000 milliards de PIB annuel des États-Unis, il ne représente qu’environ 0,06 % par an – nettement moins que les 0,18 % consacrés au programme Apollo à son apogée (ntrs.nasa.gov, 2014). Surtout, la réutilisation des lanceurs lourds privés et la mutualisation internationale promettent de réduire drastiquement la facture : des projections économiques montrent qu’un modèle public-privé à la SpaceX abaisserait le coût d’accès à Mars à moins de 3 000 USD par kilo, soit dix fois moins que les estimations de 2010 (The Guardian, 2023). À l’échelle macroéconomique, l’effort demeure modeste : une seule année de dépenses militaires mondiales suffirait à financer trois programmes martiens complets (ResearchFDI, 2023). Enfin, les retombées s’avèrent tangibles : le Bureau d’analyse économique américain évalue à 14 milliards USD les retombées annuelles du programme Moon to Mars et à plus de 69 000 le nombre d’emplois hautement qualifiés qu’il soutient (ResearchFDI, 2023). Ainsi, l’argument budgétaire se transforme : de charge, il devient investissement, moteur d’innovation et de croissance.


    Conclusion et bibliographie

    Conclusion : un optimisme fondé

    Jamais, depuis l’aube de l’ère spatiale, autant de briques technologiques et de volontés politiques n’avaient convergé : propulsion nucléaire ou chimique ravitaillée, boucliers gonflables, ISRU validée par MOXIE, mini-réacteurs, scaphandres protecteurs, habitats imprimés en 3D, IA embarquée, partenariats public-privé et émulation internationale. Les défis restent ardus, mais chaque objection majeure – radiations, apesanteur, isolement, fiabilité, coûts – dispose désormais de contre-mesures crédibles. À l’image des expéditions polaires ou des traversées océaniques, la conquête de Mars mariera idéal et pragmatisme. L’idéal, c’est la conviction que l’humanité doit étendre son horizon et assurer sa pérennité au-delà de la Terre. Le pragmatisme, c’est la résolution méthodique de chaque problème par la science, l’ingénierie et la coopération. En 2025, la question n’est plus si nous mettrons le pied sur Mars, mais quand – et tout indique que ce sera dans la vie de la génération actuelle.


    Bibliographie

  • Lancement de fusée pour l’éclipse solaire annulaire — Projet SAROS

    Lancement de fusée pour l’éclipse solaire annulaire — Projet SAROS

    Salut à tous les passionnés de l’espace et de la science ! Aujourd’hui, je vais vous emmener dans une aventure incroyable avec le Projet SAROS, une mission audacieuse visant à capturer des images époustouflantes d’éclipses solaires annulaires depuis les airs à l’aide de fusées. Préparez-vous à être émerveillés !

    Une passion pour les fusées

    Tout a commencé avec Andrew Adams, un passionné de fusées depuis plus de dix ans. Originaire de Durham, en Caroline du Nord, Andrew a déménagé à Seattle, Washington, où il est devenu ingénieur en fluides chez Blue Origin. Son parcours en aérospatiale a été jalonné de succès, notamment avec des équipes de fusées au lycée et à l’université, et il a même obtenu son niveau L3 en mars 2022. Andrew est également secrétaire du Washington Aerospace Club, un groupe local de passionnés d’aérospatiale à Seattle. En dehors de son amour pour les fusées, Andrew aime faire de la randonnée et chanter occasionnellement.

    Le début du projet SAROS

    Le Projet SAROS a été lancé avec un objectif clair : utiliser des fusées pour capturer des vidéos des éclipses solaires aux États-Unis. Andrew voulait non seulement documenter ce processus sur YouTube pour inspirer d’autres personnes, mais aussi s’amuser tout au long du projet. Et bien sûr, accepter que les fusées puissent parfois s’écraser fait partie du jeu !

    Les éclipses solaires : un spectacle unique

    Les éclipses solaires annulaire sont particulièrement fascinantes. Contrairement aux éclipses totales, l’éclipse annulaire ne couvre pas entièrement le soleil, laissant un « anneau de feu » visible. Andrew était convaincu que s’il pouvait atteindre une altitude suffisante, il pourrait capturer des images incroyables de l’ombre de la lune projetée sur la Terre. Cependant, certains experts étaient sceptiques quant à la possibilité de voir l’ombre de la lune depuis une fusée. Andrew a décidé de relever le défi et de prouver que c’était possible.

    Les Premiers Tests

    Andrew a effectué plusieurs vols d’essai pour s’assurer que tout était prêt pour le grand jour. Le premier test a été une collaboration avec Joe Barnard, où ils ont réalisé un vol à deux étages. Bien que tout ne se soit pas déroulé comme prévu, ils ont beaucoup appris de cette expérience. Ils ont utilisé un système de séparation par piston, qui n’a pas fonctionné comme prévu, mais le vol a tout de même été un succès partiel.

    Le deuxième test a introduit une caméra à 360 degrés montée sous le parachute, permettant de capturer des vues panoramiques époustouflantes. Cependant, le troisième test a rencontré des problèmes, avec un allumeur qui n’a pas fonctionné comme prévu, entraînant un échec du vol. Malgré ces défis, Andrew a continué à affiner ses techniques et à améliorer ses fusées.

    Tycho 1 : Le prototype de l’éclipse

    Andrew a ensuite construit Tycho 1, un prototype de fusée spécialement conçu pour l’éclipse. Bien que le vol ait été partiellement réussi, avec le déploiement des parachutes et la récupération de la fusée, des ajustements étaient nécessaires pour la prochaine itération. Tycho 1 a permis à Andrew de tester la taille et la configuration de la fusée, ainsi que les systèmes d’avionique et de caméra.

    Tycho 2 : la Fusée monstre

    Pour l’éclipse annulaire, Andrew a construit Tycho 2, une fusée de 14 pieds de haut et de 4 pouces de diamètre. Avec des moteurs puissants et une conception robuste, cette fusée était prête à atteindre des altitudes incroyables. Le jour du lancement, après des mois de préparation et de tests, Tycho 2 a été lancée avec succès depuis Black Rock, offrant des images spectaculaires de l’éclipse.

    Tycho 2 était équipée de moteurs N5800 et M2150, connus pour leur puissance. La fusée pesait 75 livres au total, avec un booster de 49 livres et un sustainer de 26 livres. Andrew a également utilisé des techniques de déploiement double pour assurer la récupération en toute sécurité des caméras et des parachutes.

    Leçons apprises et prochaines Étapes

    Le Projet SAROS a été une aventure incroyable, pleine de défis et d’apprentissages. Andrew a partagé ses expériences et ses découvertes avec la communauté, inspirant d’autres passionnés de fusées à poursuivre leurs rêves. Voici quelques-unes des leçons clés qu’il a apprises :

    1. Ajustement de l’Interstage : L’ajustement de l’interstage est crucial pour le succès du vol. Andrew a appris qu’il est important de s’assurer que l’interstage est bien ajusté pour éviter tout mouvement excessif de la fusée.
    2. Charges de Déploiement : Andrew a expérimenté différentes charges de déploiement et a trouvé que les charges en tube de cuivre étaient les plus efficaces pour les vols à haute altitude.
    3. Configuration du Rail de Lancement : La configuration du rail de lancement peut avoir un impact significatif sur le vol. Andrew a découvert que l’utilisation d’une configuration étendue du rail de lancement pouvait causer des problèmes de stabilité.
    4. Igniteurs Redondants : Pour s’assurer que le moteur du sustainer s’allume correctement, Andrew a utilisé des igniteurs redondants avec une fenêtre d’allumage large.

    La prochaine étape pour Andrew et le Projet SAROS est de capturer des images de l’éclipse totale en 2024. Il prévoit de construire une fusée encore plus puissante et de relever de nouveaux défis pour cette mission ambitieuse.

    Conclusion

    Le Projet SAROS a été une aventure passionnante et inspirante, démontrant la passion et la détermination d’Andrew pour la science et l’exploration spatiale. Grâce à ses efforts, nous avons pu voir des images incroyables de l’éclipse annulaire et apprendre beaucoup sur les défis de la capture de ces phénomènes depuis les airs. Nous avons hâte de voir ce que l’avenir réserve pour Andrew et le Projet SAROS !

    Conclusion

    YouTube. (n.d.). Project SAROS – Annular Solar Eclipse Rocket Launch [Playlist]. YouTube. Récupéré de https://youtube.com/playlist?list=PLgqIzqk6xa-6uyYB7khEkk0o6HqZRxBW5&si=XyhJmH0sMLXRgwwo

    YouTube. (2019, février 26). Sustaining a YouTube Channel ft. schmoyoho [Vidéo]. YouTube. Récupéré de https://www.youtube.com/watch?v=2y_5hMyT7RI&t=1939s

  • État de l’art de l’impression 3D et révolution des fusées à haute puissance

    État de l’art de l’impression 3D et révolution des fusées à haute puissance

    Introduction

    Lors de la conférence virtuelle vNARCON 2022, Ken Biba a captivé son audience avec une présentation sur les fusées à haute puissance et l’utilisation innovante des pièces imprimées en 3D. En tant qu’expert passionné, il a partagé ses réflexions sur l’état actuel de l’impression 3D et a présenté six projets concrets qui illustrent comment cette technologie redéfinit les limites de ce qui est possible.

    État actuel de l’impression 3D

    Ken Biba a commencé par explorer les capacités actuelles de l’impression 3D. Cette technologie permet de créer des structures complexes avec une précision et une efficacité accrues. Cependant, il a également souligné les limites, notamment en termes de matériaux utilisables et de contraintes mécaniques dans des environnements extrêmes comme ceux rencontrés par les fusées.

    Applications concrètes dans les fusées à haute puissance

    Biba a présenté une série de projets allant des moteurs H aux moteurs P, chacun illustrant une application différente de l’impression 3D. Par exemple :

    1. Moteurs personnalisés : Conception de moteurs optimisés pour répondre à des spécifications précises en termes de poussée et de durée.
    2. Composants structurels : Utilisation de l’impression 3D pour produire des pièces légères mais robustes, réduisant ainsi le poids total de la fusée tout en maintenant sa résistance.
    3. Systèmes complexes : Intégration de fonctionnalités avancées, comme des conduites internes ou des supports pour l’électronique.

    Une révolution dans la conception

    L’impression 3D ne se limite pas à reproduire des pièces existantes. Elle permet de réimaginer complètement la conception. Ken Biba a expliqué comment cette technologie ouvre des opportunités pour réduire les coûts, améliorer les performances et accélérer les cycles de développement. Il a également mis en lumière la capacité de personnalisation qu’elle offre, rendant possible des designs sur mesure qui auraient été impensables avec des méthodes conventionnelles.

    Perspectives futures

    En conclusion, Ken Biba a appelé la communauté des amateurs de fusées à exploiter pleinement le potentiel de l’impression 3D. Avec l’évolution rapide des matériaux et des technologies d’impression, les possibilités pour les fusées à haute puissance sont illimitées.

    Invitation à l’action

    Que vous soyez un passionné de modélisme spatial ou un ingénieur chevronné, l’avènement de l’impression 3D marque une époque passionnante. Prenez part à cette révolution et repoussez les frontières de ce qui est possible dans le domaine des fusées à haute puissance.