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  • Hydro-Québec : attention, patrimoine en voie de liquidation

    Hydro-Québec : attention, patrimoine en voie de liquidation

    l y a des livres qu’on lit pour apprendre, d’autres qu’on lit pour comprendre. Et puis, il y a ceux qu’on lit pour se réveiller, un bon coup de jus dans les neurones. Sauver Hydro – Notre avenir énergétique à tous, signé par François Perreault, est de ceux-là. Un cri du cœur électrisant contre la privatisation rampante d’un joyau national que l’on croyait à l’abri dans le coffre-fort de la mémoire collective.

    Spoiler : il n’y est plus.

    L’auteur, ex-communicateur stratégique et désormais agitateur de conscience, ne mâche pas ses mots. Et il a raison : Hydro-Québec est en train de devenir une machine à cash pour ministres entrepreneurs, plus soucieux de deals juteux que de transition énergétique responsable. Les surplus énergétiques? Disparus comme par magie entre deux législatures. Les experts internes? Réduits au silence pendant qu’on importe des PDG sans expérience du secteur énergétique, comme si le savoir-faire québécois était bon pour les poubelles bleues.

    Perreault ne fait pas dans le complotisme. Il fait dans l’archive, les faits, les sources vérifiables. Mais ça n’empêche pas son constat de faire mal : on est en train de brader notre avenir énergétique avec le sourire. On nous parle de planification jusqu’en 2035, pendant qu’on gouverne Hydro comme une start-up en mode liquidation.

    Et au cas où vous pensiez que tout ça n’était qu’un débat d’ingénieurs, détrompez-vous : ce livre, l’auteur l’a pensé comme un manuel de mobilisation citoyenne. Oui, vous, qui payez vos factures d’Hydro en croyant financer un bien commun. Vous, qui pensiez que la transition énergétique voulait dire autre chose que « vendre plus de jus à Microsoft et aux crypto-mines ». Il est encore temps de dire non. Mais le courant baisse.

    L’électrochoc est venu, à point nommé, en pleine controverse sur le projet de loi 69, où l’on tente de camoufler une centralisation des pouvoirs derrière des slogans verts. Quand un ministre obtient les clés d’Hydro-Québec comme on remet un cadenas à un voleur, on ne parle plus d’efficacité : on parle de captation politique. Et ça, ce n’est pas dans l’intérêt public. C’est dans l’intérêt de quelques-uns.

    Loin d’un brûlot idéologique, Sauver Hydro est un antidote à l’indifférence, une arme contre l’amnésie collective. Ce qu’on y lit n’est pas nouveau, mais c’est dit haut et fort, et c’est là tout le mérite de Perreault : il nous remet devant notre responsabilité collective, celle de ne pas regarder ailleurs pendant qu’on déboulonne un des plus grands projets sociaux du Québec moderne.

    Hydro-Québec n’est pas un actif à maximiser. C’est un levier de développement, un outil de justice sociale, un symbole de souveraineté économique. Et visiblement, il est temps qu’on s’en rappelle.

    Avant que la prochaine facture ne soit bien plus salée. https://editionssommetoute.com/livre/sauver-hydro/

  • 🎩 Guy Rocher, 101 ans et pas une ride sur la Loi 101

    🎩 Guy Rocher, 101 ans et pas une ride sur la Loi 101

    👴 Le vieux sage qui en sait plus que ChatGPT

    À 101 ans, Guy Rocher a probablement plus de feu que bien des ministres à 40. Pendant que certains politiciens s’enlisent dans le technobabillage bilingue, Rocher lui, ne bégaie pas : « Le français est la langue du Québec. Il faut continuer le combat ». Tout est dit, et sans se cacher derrière un PowerPoint.

    C’est fou comme une voix tremblante peut porter plus loin que mille tweets. Loin de la nostalgie poussiéreuse, Rocher déroule 100 ans d’histoire avec la lucidité d’un scalpel et l’ardeur d’un militant. Il rappelle qu’à sa jeunesse, « la majorité des Canadiens français vivaient sur les fermes », et que le Québec était « une société encore en grande partie théocratique ». Un régime de curés, de crucifix et de cloisonnement scolaire. Pas tout à fait Netflix & chill.

    Mais à travers la Révolution tranquille, la sécularisation et la nationalisation de l’éducation, Rocher a vu et façonné un peuple qui a cessé de marcher à genoux. Et malgré ça, on en entend encore dire que « c’était mieux avant ». Avant quoi ? Avant qu’on sache lire ?


    📉 Montréal se parle anglais pendant que Québec se gratte la bedaine

    Quand Rocher dit qu’il est plus « combatif que négatif », il envoie un message que la CAQ ferait bien de tatouer dans sa salle du Conseil : on ne gère pas la langue avec des communiqués frileux. Alors que l’anglais bouffe les vitrines du Mile-End plus vite que du tofu au brunch, Rocher rappelle que « le combat du fait français dure depuis trois siècles ». Le problème ? Aujourd’hui, il est mené par des technocrates sans accent et des universitaires qui confondent « anglicisation » avec « diversité linguistique ».

    Pendant ce temps, Marc Carney menace la clause dérogatoire. Rocher, imperturbable, le sèche comme un vieux prof en fin de session : « Je voterai pas pour lui ». C’est clair, net, sans virage en épingle.


    🏫 Quand l’éducation servait à libérer, pas à gérer des tableaux Excel

    Le moment fort ? Quand Rocher parle de la Commission Parent. Rappel : en 1961, le Québec nomme un prêtre à la tête de la réforme scolaire. Oui, oui. Un Monseigneur pour la laïcité. Kafka aurait applaudi. Rocher, lui, a hésité : « Je me refuse qu’elle soit dirigée par un curé ». Mais comme disait Paul Gérin-Lajoie, à l’époque « on ne pouvait pas faire autrement ». Traduction : l’Église tenait l’école comme un évêque tient son encensoir.

    Malgré une commission « très conservatrice » et sans syndicaliste à bord, un constat les a fait déraper vers le progrès : « Les Canadiens français étaient les moins scolarisés de l’Amérique du Nord ». Bang. C’est ce choc statistique qui a allumé la mèche. Comme quoi, les chiffres peuvent faire tomber des autels.


    🧠 Guy Rocher, ou comment rester allumé à 101 ans

    On s’étonne de sa clarté, mais Rocher rappelle qu’il est bien entouré : « Je vis avec une femme qui est le pilier de notre couple ». Et si lui peut encore lire, marcher, réfléchir et faire des entrevues percutantes, peut-être que c’est aussi parce qu’il a passé sa vie à servir autre chose que lui-même.

    Ce qu’il dit aux jeunes générations ? De « s’ouvrir les yeux sur ce qu’il y a de phare au Québec » : la laïcité, le fait français, et le contrôle économique. Bref, d’être maîtres chez nous. Pas juste maîtres d’un profil LinkedIn en trois langues avec drapeaux emoji.


    🎯 Conclusion : porter le chapeau, mais pas pour faire joli

    En ouverture de l’entrevue, on nous disait que Rocher « ne parle jamais à travers son chapeau ». Et en effet, le sien n’est pas un accessoire. C’est un étendard. Celui de la dignité québécoise, de l’émancipation intellectuelle et de la résistance linguistique.

    Alors, pour paraphraser Rocher : ne baissons pas les bras. Levons la tête. Portons le chapeau. Et s’il faut encore se battre pour notre langue, alors faisons-le avec panache, avec conviction… et si possible, avec un peu plus de Rocher dans nos veines.

    Réf. : https://www.youtube.com/watch?v=p5gfLl3i8Fk